
La Nouvelle Scène
Gilles Desjardins
Gilles Desjardins

Mieko est morte. Seize ans à peine. Fille d’un couple brisé par la pauvreté, elle a tout donné : sa jeunesse, son corps, son énergie – d’abord pour survivre, ensuite pour aider. À sa mort, ses parents, acculés, la confient à un hôpital. Son corps devient matière d’étude. Mais elle, la morte, ne s’absente pas. Elle regarde. Elle sent. Elle parle, depuis l’intérieur.
La jeune fille suppliciée sur une étagère, adaptation scénique du roman d’Akira Yoshimura par Évelyne de la Chenelière, nous entraîne dans une traversée organique de la mort, où le corps disséqué devient théâtre. Dans un dispositif sobre et frontal, la parole intérieure de Mieko résiste à l’effacement. Chaque prélèvement devient un acte de théâtre. Chaque silence, un lieu de mémoire. Les scènes se succèdent comme les étapes d’un rituel à la fois clinique et sacrilège, où la fiction interroge nos regards, notre confort, notre humanité. Entre naturalisme troublant et vertige poétique, le spectacle déplie la fin d’un corps – mais non celle d’un être.
Mieko observe les gestes, les voix, les instruments, les visages qui continuent d’agir sur elle comme si elle n’était plus là. Mais elle est là. Spectatrice de sa propre disparition, elle nous interpelle, doucement : jusqu’où sommes-nous capables de voir ? De quoi sommes-nous complices ? L’histoire de Mieko devient un miroir – intime, social, politique. Et son murmure, plus fort que le silence.
Tarif Découverte (sous condition d'accès)
0 $
Tarif Accessible
15 $
Tarif Régulier
30 $
Tarif Solidaire
50 $
Texte : Akira Yoshimura
Traduction : Rose-Marie Makino-Fayolle
© Actes Sud, 2002
Adaptation : Evelyne de la Chenelière
Idéation et mise en scène : Cédric Delorme-Bouchard
Scénographie et lumière : Cédric Delorme-Bouchard
Costumes : Marie-Audrey Jacques
Conception sonore et conception du système motorisé : Simon Gauthier
Conception vidéo : Pierre Antoine Lafon Simard
Maquillages et coiffures : Angelo Barsetti
Effets spéciaux : Olivier Proulx
Conseil au mouvement : Danielle Lecourtois
Dramaturgie : William Durbau
Assistance à la mise en scène : Hélody Dupont-Proulx
Ritualiste : Christelle Franca
Consultante culturelle : Aki Matsushita
Extraits musicaux : Marie Davidson et Essaie pas
Régie : Thomas Lapointe
Assistance au son : Pierre Tripard
Assistance à la scénographie : Charlotte St-Amour
Assistance aux costumes : Charlotte Maréchal
Coupe des costumes : Paul Rose
Design 3D du système motorisé : Patricia Boutin
Programmation du système motorisé : Nicolas Comtois
Studio d’enregistrement : La salle des machines
Direction technique : Jocelyn Proulx
Coordination de production (Théâtre du Trillium) : Stella Chayer-Demers
Une création de Chambre noire et Théâtre Prospéro, en coproduction avec le Théâtre du Trillium
⚠️ Ce spectacle contient des avertissements : effets stroboscopiques, machine à fumée, lumière aveuglante, propos sensibles (descriptions de gestes médicaux sensibles et graphiques).
« Larissa Corriveau, presque toujours seule sur scène, réalise une véritable prouesse d’actrice. Elle réussit à incarner habilement tous les états que traverse le corps de son personnage […] Constamment métamorphosée, elle livre une performance remarquable. Loin de ne jouer qu’un corps inerte, elle réalise un véritable marathon de mouvements étudiés.»
«La jeune fille suppliciée est un matériau d’exploration du langage scénique. Le spectacle laisse une grande place aux concepteurs. Dès l’entrée en salle, le public est plongé dans un univers trouble. Grâce, entre autres, aux éclairages soignés de Delorme-Bouchard ; aux projections vidéo de Pierre Antoine Lafon Simard ; à l’environnement sonore de Simon Gauthier ; aux costumes et accessoires de Marie-Audrey Jacques…»
Cette pièce est présentée dans le cadre de notre programmation artistique en collaboration avec nos 4 compagnies fondatrices et résidentes.
Fondé en 1975, le Théâtre du Trillium fait rayonner les écritures scéniques contemporaines en français à Ottawa. Fort de plus de 40 ans d’innovation, il demeure à l’avant-garde,soutenant la relève et explorant les enjeux numériques en art.